La Gazette http://lagazette-blog.fr L'Homme est une fin et non un moyen - Kant Wed, 16 May 2012 23:08:53 +0000 fr hourly 1 Comprendre la dette publique en 10 minuteshttp://lagazette-blog.fr/humanites/societe/comprendre-la-dette-publique-en-10-minutes/ http://lagazette-blog.fr/humanites/societe/comprendre-la-dette-publique-en-10-minutes/#comments Tue, 08 May 2012 09:48:23 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9837 Je suis totalement nul en économie (et je le déplore), c’est la raison pour laquelle je m’abstiens soigneusement d’en parler. Je vais tout de même faire une exception en vous présentant une vidéo trouvée au hasard d’internet, expliquant l’origine et le fonctionnement de la dette publique.

CC Flickr - 401K

Étrangement, ce sont des choses dont on a un peu oublié de nous parler. La vidéo est réalisée par un ingénieur qui explique, sur son site, ne pas être économiste. Il donne par ailleurs la liste de ses références, pour vérification.

La vidéo dure une dizaine de minutes et a le mérite d’être extrêmement claire et didactique, même pour les incultes comme moi. Je vous encourage vivement à prendre le temps de la regarder jusqu’à la fin.

Et si maintenant vous avez l’impression d’avoir été largement pris pour un blaireau quand on vous a demandé de vous serrer la ceinture (“pour mieux gérer la dette”) alors que c’est le système en lui-même qui est la cause de ses propres défaillances, et bien je suppose que vous serez content d’avoir voté Hollande, comme je vous l’avais demandé la semaine dernière.

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Édito du 1er maihttp://lagazette-blog.fr/edito/edito-du-1er-mai/ http://lagazette-blog.fr/edito/edito-du-1er-mai/#comments Tue, 01 May 2012 15:58:06 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9786

CC Flickr - Blog C'politic

En ce jour du travail, qui a bien failli devenir la fête du “vrai travail” (comme s’il y avait un faux travail, façon de dire que si tu ne votes pas UMP, tu es un branleur à la petite semaine), il était plus que temps de publier un nouvel éditorial.

Côté Gazette, le site est en pause jusqu’à la fin de mes concours. Désolé, mais je ne peux pas être partout en même temps.

Côté actualité, faites moi plaisir, dimanche prochain, votez Hollande. Que Sarko soit le président des riches ou des gens qui travaillent, je ne sais, ça n’est pas la question. Il a détruit tout ce qu’il a voulu “réformer”, il a craché sur les libertés individuelles, faisant le premier pas vers le flicage et le fichage systématique de chacun depuis la maternelle, Hollande ne fera pas pire.

De grâce, ne vous laissez pas abuser par son discours pro classe moyenne (en apparence) visant à taper sur ceux qui “ne veulent pas travailler”, parce que pour quelques feignants patentés (qu’aucun système ne changera, de toute façon), il y a quand même un bon paquet de chômeurs qui aimeraient trouver du travail. Et quand on va sur le portail L’Auto-entrepreneur, et qu’on trouve une remarque explicite à l’attention des boursiers et bénéficiaires des minima sociaux indiquant de bien faire ses comptes avant de se lancer, car on peut parfois se retrouver perdant (si les revenus générés sont suffisants pour perdre ses aides mais inférieurs au montant de ces aides), ça laisse songeur…

Et si les “feignants” coûtent cher, dites vous bien que le bonhomme qui nous gouverne a augmenté les frais de fonctionnement de l’Élysée en prônant la rigueur parce que les caisses sont vides, bel exemple de cohérence entre le discours et les actes sur fond de “je vous emmerde, c’est moi le roi”.

Bon et puis on passe sur les lois faits-divers ou de circonstance, qui bousculent Légifrance chaque semaine, entraînant une instabilité juridique toxique et émiettant l’opinion publique sur des faits sans importance. Ce n’est pas parce qu’on légifère que cela sert à quelque chose et qu’on a changé quoi que ce soit.

Quant à son chapeau de Monsieur Sécurité, il est facile de rassurer avec des mesures policières quand on a soi-même organisé la peur en faisant tout un flan d’actes de délinquance qui seraient passés inaperçus voilà quelques années.

Enfin, que ceux qui ont peur d’être surtaxés si Hollande passe au pouvoir se demandent si Sarko a fait quoi que ce soit pour eux et choisissent en leur âme et conscience…

À l’instar de la devise des Anonymous, il est temps de lui rappeler que nous n’oublions pas, que nous ne pardonnons pas, et que ce sont aux dirigeants de craindre leur peuple et non l’inverse.

Sur ce, que le mois de mai vous soit doux sur la Gazette !

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Ça, une campagne ?http://lagazette-blog.fr/humanites/politique/ca-une-campagne/ http://lagazette-blog.fr/humanites/politique/ca-une-campagne/#comments Wed, 04 Apr 2012 16:03:45 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9687 Mon malaise va grandissant, à mesure que passe le temps et que se rapproche ce fameux scrutin présidentiel. Je ne sais pas vous, mais, personnellement, cette campagne me dégoûte.

Pas envie de lire ? Écoutez le podcast !

© TF1 News

Peut-être est-ce parce que, dès le départ, Sarkozy avait pipé les dés en rendant publique le nom des maires ayant donné leur signature à un candidat. De fait, le principe de l’anonymat des voix était compromis. Encore un principe démocratique allègrement bafoué par le polichinelle de Carla. Car voter en son âme et conscience, ou voter en sachant son âme et sa conscience étalées – violées – sur la place publique, ça fait tout de même une sacrée différence de motivation.

Peut-être est-ce parce que les quelques candidats à la candidature qui m’auraient bien plu, Villepin et Lepage, ont été mis hors course dès le départ, laissant leur place aux sempiternels partis majoritaires comme aux loseurs redondants, acharnés perdants des présidentiels, toujours au rendez-vous pour se prendre leur déculottée quinquénnale et dire “j’y étais”

Peut-être est-ce parce que cette foutue campagne vole encore plus bas que les autres, et empeste la malveillance, la mauvaise foi et la malhonnêteté. Parce que Sarkozy monte dans les sondages alors qu’à entendre les gens un peu partout, personne ne le supporte, et il est temps qu’il s’en aille. Parce que la crème rance du tueur de Toulouse aurait pu simplement finir à l’évier, mais qu’on a préféré la monter en une chantilly dégueulasse qui refuse à présent de rentrer dans le syphon. Car, remake de 2007, sa campagne repose sur la peur, afin de diviser les clans pour mieux régner et pour se poser en homme d’action qui nous sauvra tous.

Peut-être est-ce parce que le jeu d’acteur des uns et des autres est juste mauvais. On a Hollande, qui se sent obliger de faire ses discours en gueulant comme un putois qu’on empale, prenant des intonations fascisantes pour se donner une stature d’homme de poigne et faire oublier qu’il y a 1 an encore, il n’était qu’une grosse légume molasse et dépourvue de programme. On a Marine, qui joue la carte de l’éternelle indésirable qu’on n’invite nulle part, sorte de Jeanne d’Arc du XXIe siècle, persécutée et crucifiée par le PAF. On a encore Mélenchon, qui tartine des discours gentillets avec les 500 mots du vocabulaire de base histoire que tout le monde comprenne, et qui s’insurge du vote utile. Sans compter tous ceux qu’on n’entend pas, parce qu’embobiner le peuple, c’est une discipline, et qu’il faut bien d’avantage qu’une seule campagne pour savoir sodomiser les mouches avec élégance et distinction.

Enfin, peut-être est-ce parce que tous usent d’un populisme même pas dissimulé, promettant à tour de bras, mais sans trop rentrer dans les détails, la suppression de la TVA, le blocage du prix de l’essence, et autres choses merveilleuses auxquelles je ne demande qu’à croire, mais sans préciser comment ils comptent s’y prendre.

Alors, le 22 avril, j’irais voter la mort dans l’âme. Et si Sarko repasse, sitôt mes diplômes en poche, je quitte ce pays de boeufs. Voilà toute la confiance que je témoigne à cette caste politique consanguine et stérile. Qu’ils continuent à se bouffer le nez les uns les autres pour des siècles et des siècles si ça leur chante. Mais leur mascarades, je préfère les regarder de loin plutôt qu’y participer. Faut pas me prendre pour un con. Ça me met de mauvaise humeur.

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Bibliocratie ou Comment éditer un livre grâce au pouvoir d’internet.http://lagazette-blog.fr/art-lettres/livres/bibliocratie-ou-comment-editer-un-livre-grace-au-pouvoir-de-linternet/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/livres/bibliocratie-ou-comment-editer-un-livre-grace-au-pouvoir-de-linternet/#comments Sun, 25 Mar 2012 09:36:48 +0000 Mr.Ol http://lagazette-blog.fr/?p=9581 Après le succès de My Major Company qui permet aux internautes séduits de produire un album, il n’est pas si bête de transposer le concept dans le domaine de l’édition. Et c’est là que « POUM », la Bibliocratie apparaît.

En effet, la Bibliocratie propose de publier des manuscrits selon l’avis des internautes et possède même la souplesse de le faire sous différents formats, y compris la technologie non négligeable du livre, avec toutefois un comité de lecture qui se permet d’écarter le grand n’importe quoi. Quelque soit le genre de votre écrit, si les internautes approuvent, vous avez toutes vos chances d’être publié. Il faut au minimum 80 lecteurs prêts à acheter votre ouvrage pour que votre fantasme se réalise. C’est relativement peu, et vous touchez 83% des bénéfices.

La plate-forme est en état de gestation: la naissance est prévu pour le 2 Avril 2012.

Vous avez un manuscrit sous la main que vous n’avez jamais oser soumettre à des maisons d’édition ? Vous mangez des livres et avez envie de soutenir un écrivain que vous jugez prometteur ?

Adhérez à un concept innovant et faites évoluer le monde de l’édition !

 

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Pourquoi j’ai quitté Facebookhttp://lagazette-blog.fr/informatique/monde-virtuel/pourquoi-jai-quitte-facebook/ http://lagazette-blog.fr/informatique/monde-virtuel/pourquoi-jai-quitte-facebook/#comments Tue, 20 Mar 2012 16:33:20 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9550 Il y a 3 jours, j’ai décidé de fermer définitivement mon compte Facebook. Les réactions de mes amis (au sens de Fb) ont été plus ou moins amusantes. Voyons les raisons qui m’y ont poussé et qui devraient vous encourager à faire de même.

Pas envie de lire ? Écoutez le podcast :

© techxav.com

Facebook, royaume de la poufiasse-à-bouche-en-cul-de-poule-qui-fait-des-bisous-à-la-caméra-alors-qu’elle-est-au-bord-du-suicide-parce-qu’elle-vient-de-se-faire-larguer-par-un-connard.

Facebook, temple de l’espionnage banalisé entre “amis” et de la photo dossier où vous avez nécessairement une tronche de cul (sinon, on ne publie pas, c’est sans intérêt).

Facebook, fonds de commerce pour starlettes de cour de récré dont la vie culturelle se résume à Zara et H&M.

Facebook, supermarché pour dragueurs lourds en quête de “plans cul” (sic).

Facebook, bourse des vidéos “virales”, chronophages et inutiles.

Facebook, vie numérique de substitution pour tous ceux qui ne font rien de leur week-end.

Et Facebook, surtout, réserve intarissable de clients pour publicités ciblées.

Et bien j’en ai eu marre !

Pourquoi j’y étais ?

Inscrit en 2008 (déjà), à la demande générale, c’était l’époque où l’on pouvait avoir un semblant de discussion avec les gens, et où le site se souciait encore un peu de ses utilisateurs. C’était avant la pub, quoi. Je l’ai conservé au fil du temps, en le fréquentant par périodes, croyant que c’était utile. Je l’ai gardé pour :

  • faire de la promotion de la Gazette,
  • organiser plus simplement des événements,
  • garder contact avec des gens perdus de vue,
  • lancer ma boutique.

En fait de quoi :

  • Facebook génère moins de 5% des visites sur ce site (contre 75% pour Google),
  • in fine, les “événements” ont dû être organisés à chaque fois à l’ancienne, en face des gens et par téléphone,
  • les gens perdus de vue le sont pour de bon, avec ou sans Facebook[1], et pour les autres, ils ont leur numéro de téléphone dans mon répertoire (et réciproquement), 
  • Facebook ne m’a pas apporté un seul client.

En conclusion :

  • Fb ne m’apporte pas de plaisir,
  • Fb ne me rapporte pas d’argent,
  • Fb me pompe du temps,
  • Je peux communiquer avec mes amis de façon plus efficace et personnelle.

…l’entrepreneur qui sommeille en moi me dit que l’investissement n’est pas rentable.

En plus

Les raisons qui ont achevé de me décider…

La politique de confidentialité

Outre le fait que tout ce que vous y publiez ne vous appartient plus (y compris la correspondance privée), que le web n’oublie rien, que n’importe qui peut publier une photo de vous sans que vous ayez moyen de la faire retirer, Facebook flique ses utilisateurs sur tous les sites qu’ils fréquentent afin de leur proposer des publicités ciblées lorsqu’ils reviennent.

Personnellement, j’en ai assez d’être considéré comme un éternel prospect-client-produit.

Les seuls qui profitent de Facebook, ce sont les marketeux qui ont la possibilité de diffuser leurs campagnes de publicité sur un public très ciblé, d’après les informations enregistrées par l’utilisateur dans son profil. C’est tout bénéfice : en limitant le public, on limite les coûts de communication, tout en s’assurant un excellent taux de conversion, étant donné qu’on ne s’adresse qu’aux gens potentiellement intéressés.

Le seul à qui rien ne profite, c’est l’utilisateur lambda.

L’espionnage simplifié

Avec la quantité d’informations saisies par chaque utilisateur (réseaux, âge, domicile, goûts, intérêts, sexualité, amis… sans compter les photos publiées par l’utilisateur ou par ses “amis”), et même si les options de confidentialité ont été bien réglées, il est très facile d’accumuler une somme conséquente d’informations sur une personne, même sans être “ami” avec elle (par le jeu des amis communs, mais pas seulement).

Pour l’avoir un peu pratiqué et à titre d’exemple, les informations les plus simples à trouver sont le lieu de résidence, le lycée d’origine, et la situation amoureuse (en sachant que ça peut souvent aller bien plus loin).

Dans un autre registre, qui ne s’est jamais servi de Facebook pour voir la tête de la poufiasse/du connard qui couche avec son ex ? Certaines y ont même découvert, photos à l’appui, comment elles ont été trompées (mention spéciale à l’ami plein de tact qui a publié les photos du scandale)…

Bref, pour vivre heureux, vivons cachés. Pas besoin de Facebook pour prendre et se donner des nouvelles. Sans compter qu’avec Facebook, on est plus dans la surveillance réciproque que dans l’échange de nouvelles.

L’éloge de la futilité

Franchement, un réseau social, ça sert à quoi ? Pour moi, c’est juste de l’enrobage de vide, un moyen de garder un contact superficiel pour tromper sa peur de la solitude et de l’ennui. La preuve, c’est le réflexe “Tiens je m’ennuie ! → Et si j’allais traîner sur Fb ?”.

Au fond, qu’y trouve-t-on d’intéressant ?

Sur Twitter, par exemple, il est encore possible d’échanger, avec des gens qu’on n’aurait pas “rencontrés” autrement, y compris avec des personnalités publiques. On trouve des gens intéressants qui partagent toute la journée des liens vers des sites/blogs/articles de presse intéressants.

Sur Facebook, on raconte sa vie en images, on joue les starlettes et on crie “journée de merde, vivement les vacances !”. C’est d’un intérêt primordial… Et puis on partage des vidéos de chatons trop mignons, de chutes de VTT ridicules, du dernier concert de David Getta, … Ok. Très peu pour moi.

L’expérience utilisateur de pire en pire

Depuis le début, Facebook n’a cessé de se complexifier, en oubliant la règle “Moins c’est mieux” (moins on trouve d’informations sur une page, plus elles ont d’impact). L’interface est devenu un fouillis où s’emmêlent les dernières mises à jours des uns et des autres, des invitations à des événements, des publicités, des mises à jours de pages, d’applications, les nouvelles photos, vidéos, liens, etc.

On est bombardé d’infos dans tous les sens, si bien que les informations pertinentes ou importantes passent totalement inaperçu. Parce que, bien évidemment, la plupart des utilisateurs de Facebook passent leur journée dessus, mais ne relèvent jamais leur boîte mail. On doit donc envoyer des scans de cours, et des infos plus ou moins importantes via Facebook. Informations importantes noyées dans le flux, donc.

Moralité

Facebook ne m’apporte rien, je ne lui apporterai plus rien non plus. Tout ce que j’ai à dire d’intéressant (ou pas) est publié ici, où je suis légalement propriétaire de tout et protégé/soumis par le Droit français. De même, chaque personne qui a quelque chose à dire peut très simplement créer un blog sur WordPress.com ou publier ici même. Tout ce qu’on publie sur les réseaux sociaux est du verbiage sans consistance. Je n’ai donc pas besoin de ces réservoirs à frivolités.

Ça fait râler mes amis, qui devront penser à moi spécialement, lors de l’envoi de messages groupés, en prenant 5 minutes pour m’envoyer un mail juste à moi. Je suis désolé pour eux, mais la sécurité passe avant tout, et j’en ai assez de me faire spammer.

Pour ceux qui veulent me contacter, ils ont mon adresse mail, mon numéro de téléphone et ce site. Si ma vie les intéresse, ils peuvent s’abonner à la Gazette par mail ou par flux RSS. Pour le reste, je ferme les écoutilles et je retourne dans le monde réel. S’il y en a qui veulent discuter, j’ai du thé, du café et des gaufrettes de ma grand-mère à la maison.

Notes    (↵ returns to text)
  1. Les études montrent qu’on échange régulièrement sur Facebook avec 7 à 10 personnes, ces personnes étant toujours celles qu’on fréquente régulièrement dans la vie réelle

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René l’Énervéhttp://lagazette-blog.fr/art-lettres/rene-lenerve/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/rene-lenerve/#comments Sat, 17 Mar 2012 17:22:21 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9522 Critique de la gouvernance à la Sarko, René l’Énervé est un opéra bouffe qui a valu un seau de merde à son auteur, tant sa peinture sans complaisance (mais fidèle) a choqué l’extrême droite…

Imaginez une satire grinçante et incisive de 5 années de sarkozysme, d’une élection gagnée haut la main faute d’adversaire convaincant(e), imaginez des références assassines et implacables à toutes les bourdes, bévues, boulettes de notre beau président, tout ça dans un opéra bouffe… Vous tenez René l’Énervé, créé en septembre 2011 au théâtre du Rond-Point par Jean-Michel Ribes (texte) et Reinhardt Wagner (musique). Voyons d’abord le sujet de CultureBox (France 3) :

Critique générale

À lire mes confrères (allez, je me la pète), l’opéra a reçu un accueil mitigé. Entendons-nous, il s’agit d’une pièce “grand public”, et non d’un truc hermétique pour intellos bobos version parigot rive-gauche. C’est peut-être un début d’explication. La pièce en elle-même est assez cinglante, pleine de bonnes idées, délicieusement mordante et remplie d’allusions.

Tout le monde en prend pour son grade : extrême droite (“Cons de la Nation”) revus en chasseurs primaires, verts écolos allumés, opposition sans idées et molasse, parti majoritaire en perte de vitesse… L’élection démarre mal jusqu’à ce qu’on trouve le candidat de la majorité : René, épicier hyperactif, qui “n’a pas d’idées mais du bon sens” et beaucoup d’énergie à revendre. Face à lui, Gaufrette la ronde et Ginette la grande bringue inspirée, tout de rose vêtues, se crêpent le chignon en divisant l’opposition.

Dans tout ça, les “philosophes nouveaux” qui “passent à la télé”, chemise blanche ouverte jusqu’à la poitrine, ou blouson de cuir/lunettes à large monture, soufflent les bonnes paroles de la caste pensante, toujours complaisamment parce qu’il faut bien continuer à se faire inviter sur les plateaux.

Bref, tous les gens qui nous agacent s’en prennent plein la tronche, et c’est juste jouissif.

Mais…

Si globalement, l’ensemble laisse une bonne impression et garantit un bon moment, on ne peut s’empêcher de sortir de la salle avec quelques regrets.

Pour commencer, le texte est assez plat, avec beaucoup de rimes faciles, des tournures sans impact et des répétition très lourdes. C’est du texte de café concert, sans véritable saveur, ponctué de calembours de farce, entre autres grosses ficelles. Quelques traits de génie (“Je suis en forme, je réforme”), répétés 5 fois, finissent invariablement par lasser. À la fin, l’intrigue s’essouffle et tire en longueur.

Ensuite, – et là, c’est le musicien qui parle – on regrettera l’absence de mélodies concertantes et le manque global de lyrisme dans la partition. Il semble que la musique, qui n’a rien d’exceptionnel, soit ici purement utilitaire, ce qui fait qu’on ne retiendra aucun air. Je sors toujours d’un opéra en sifflotant les plus beaux passages, mais là je suis sorti en silence. D’ailleurs, le niveau vocal des chanteurs est acceptable sans être excellent (et ils chantent avec micro). Dommage…

Conclusion

Pour résumer, l’analyse et la critique politico-sociale sont bien menés, mais la mécanique (mise en mots et mise en musique) gagnerait à être affinée. De même, si le jeu d’acteur est sans bavure, l’aspect vocal est correct sans plus. Enfin rien à redire sur les décors et la mise en scène, efficaces et bien vu.

L’aggression de l’auteur

Je suis allé voir cet opéra hier soir, à Nancy, 4 jours après que son auteur, Jean-Michel Ribes, y ait été agressé (place Stanislas) par des intégristes catholiques criant à la christianophobie. Ceux-ci ont même cru bon de lui faire un masque de beauté aux excréments, histoire de prouver que la réalité de l’extrême droite n’est pas si éloignée de la peinture des “Cons de la Nation” qu’en fait Ribes…

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La Gazette a 2 anshttp://lagazette-blog.fr/inclassable/vie-du-blog/la-gazette-a-2-ans/ http://lagazette-blog.fr/inclassable/vie-du-blog/la-gazette-a-2-ans/#comments Tue, 06 Mar 2012 11:45:22 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9452 C’était le 6 mars 2010, je voulais ressusciter mon vieux blog, j’étais en maths sup et je commençais à y trouver le temps long. J’ai tapé “logiciel moteur de blog” dans Google, WordPress est sorti en premier. J’ai cliqué, je l’ai téléchargé, installé. Deux heures plus tard, j’avais un site moche sur un hébergement gratuit. Je n’y connaissais rien à rien, à part quelques bases de html et un peu d’algorithmique sous Maple (logiciel de calcul formel, destiné aux maths bourrines).

255 articles, 65 pages, 399 photos, 7 vidéos, 12 podcasts, 53 liens de veille, 490 commentaires, 5278 spams et deux ans après, la Gazette est toujours là. Plus belle, plus ergonomique, plus rapide. J’ai appris deux ou trois bricoles, du style coder en html, php, css, javascript, et puis faire de la promotion sur les réseaux sociaux. Je me suis un peu brûlé les ailes sur les articles d’opinion, j’ai fait des rencontres inattendues, j’ai eu des propositions pour le moins surprenantes (avantages de la vie de blogueur)… Bref, principalement du bonheur.

Je me suis demandé ce que j’allais faire pour marquer l’événement, mais je n’ai pas vraiment eu le temps d’y réfléchir, et puis il y a plus urgent pour l’instant. Mais promis, dans 8 ans, pour le dixième anniversaire du site, j’organiserai une grande fête où les geekettes rousses danseront nues sur la plage et où le champagne (Dom Pérignon 56) coulera à flots.

Longue vie à mon bébé et bonne journée à tous !

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Le 10 mars 2012, défendez internet !http://lagazette-blog.fr/informatique/monde-virtuel/le-10-mars-2012-defendez-internet/ http://lagazette-blog.fr/informatique/monde-virtuel/le-10-mars-2012-defendez-internet/#comments Mon, 05 Mar 2012 21:07:16 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9401 Parce que plus tard risque d’être trop tard, et parce que nos libertés méritent d’être défendues, il est nécessaire pour tous de s’opposer à ACTA.

ACTA en quelques mots

ACTA est un traité négocié en secret au niveau européen, en marge des Institutions représentatives des populations, destiné à protéger un droit d’auteur obsolète sous sa forme actuelle, en remettant en cause les fondements de la démocratie. Ce traité, s’il est mis en place, menacerait la neutralité du web, transformerait les fournisseurs d’accès en police privée du copyright, supprimerait l’accès des pays pauvres aux médicaments génériques ainsi qu’à certaines semences. En substance, ACTA est un traité visant à protéger les bénéfices de quelques grosses sociétés commerciales au détriment des citoyens.

Voici une vidéo de présentation :

Sous-titres en Français disponibles en cliquant sur le bouton CC ci-dessus.

Plus de détails pour aller plus loin :

Pour combattre ACTA, il est nécessaire de se mobiliser

La mobilisation est de deux types :

  • pédagogie/communication : car beaucoup de gens n’ont pas encore connaissance ou conscience de ce que ACTA implique, il est nécessaire d’informer et de sensibiliser,
  • manifestation : afin que nos élus et réprésentants prennent les décisions qui servent les intérêts du peuple, et afin de montrer aux instances gouvernementales que nous veillons.

Samedi 10 mars auront lieu dans toute l’Europe des manifestations contre ACTA, menées par les Anonymous mais pas seulement. En France, un grand rassemblement se tiendra à Paris, à 14h, devant le centre Pompidou (Beaubourg).

D’autres rassemblements sont prévus dans les principales villes de France (liste à jour ici). Informez-vous des initiatives près de chez vous et suivez sur Twitter le hastag #StopACTA. La France est le pays d’Europe qui s’est le moins opposé à ACTA, allons-nous longtemps demeurer en reste ? Défendons nos libertés ! Défendons nos moyens d’expression et d’information ! Défendons l’accès libre aux médicaments et aux semences !

Faites apparaître la bannière “Le 10 mars 2012, défendez internet” sur votre site

Si vous êtes blogueur/webmaster, informez vos lecteurs et poussez les à défendre leur internet ! Pour ce faire :

  • écrivez des articles sur ACTA,
  • copiez/collez simplement le code html ci-dessous, n’importe où sur votre page (dans les CMS, WordPress par exemple, insérez le dans le fichier header.php)

Vous pouvez aussi télécharger la bannière sous licence Creative Commons BY La Gazette/Arle Uein – SA : Note: There is a file embedded within this post, please visit this post to download the file.

Nous sommes les Anonymes.
Nous sommes Légion.
Nous n’oublions pas.
Nous ne pardonnons pas.
Redoutez-nous.

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Édito du 29 févrierhttp://lagazette-blog.fr/edito/29-fevrier/ http://lagazette-blog.fr/edito/29-fevrier/#comments Wed, 29 Feb 2012 19:45:40 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9383 Le 29 février n’arrivant que tous les 4 ans, tous les plumitifs de ma race se sont donc rués sur leur clavier pour pondre un périodique bateau juste pour le dater d’un jour mythique. On ne se refait pas.

CC Flick - Kath

Ceci dit, c’est l’occasion de faire un petit tour des nouveautés sur le site. Commençons par la pub qui a dégagé, de même que les boutons “j’aime” et “+1″, comme je l’expliquais dans La pub m’a tuer. En effet, les jolis petits scripts derrière ces boutons de partage sont également de remarquables outils de tracking qui permettent à Google et Facebook d’enregistrer les pages que vous consultez et de vous pister. Je me suis dit que ça allait contre mes principes, même si ce n’est pas ma décision qui va beaucoup changer cet état de fait.

Sinon, la mise en page a encore évolué : exit le fond sombre, bonjour le fond uni clair, la barre latérale n’est plus un empilement de petites boîtes mais une colonne uniforme marquée par un dégradé, et les titres d’articles sont dégagés des méta-données (catégorie, auteur, date) qui sont déportées plus haut, sous l’en-tête. L’objectif étant, bien entendu, de rendre les pages du sites les plus sobres et les plus simples possibles. J’espère que cela vous convient.

Côté publications, difficile de vous dire à quoi vous attendre dans les jours qui viennent. Quelques nouvelles photos ont été ajoutées à la galerie, qui s’est également vu adjoindre une nouvelle page permettant de visualiser toutes les images en même temps. Sinon, je ne vous le dirai jamais assez, abonnez-vous à la newsletter ! Cela vous permettra de recevoir chaque dimanche soir les articles de la semaine dans votre boîte mail ainsi que de bénéficier de contenus spéciaux, réservés aux abonnés. Et puis c’est toujours gratuit.

Côté actualité, la campagne pour les présidentielles est toujours aussi sale, c’est pourquoi je ne m’étendrai pas d’avantage dessus. Elle ne le mérite pas. Mais j’espère de tout coeur que Sarko ne repassera pas, c’est tout.

Voilà pour cet édito. Bon mois de mars sur la Gazette !


PS : si vous vous demandez pourquoi j’ai choisi cette illustration pour cet article, c’est que vous n’êtes pas encore trop pollué(e) par les média. La bonne réponse, c’est que je n’avais aucune idée d’illustration, alors une fille ça meuble toujours. Et puis le glamour, c’est vendeur.

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La pub m’a tuerhttp://lagazette-blog.fr/informatique/blogging/la-pub-ma-tuer/ http://lagazette-blog.fr/informatique/blogging/la-pub-ma-tuer/#comments Mon, 27 Feb 2012 21:03:01 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9331 Il y a quelques jours, alors que ce site, grâce à la publicité, devenait rentable, j’ai décidé de la supprimer. Bien que je reste convaincu qu’elle est un mal nécessaire, j’ai dû m’y résoudre pour toutes sortes de raisons.

CC Flickr - Damien Phototrend.fr


L’illusion du tout gratuit

Le web s’est construit autour de la règle non écrite que tout devait y être en accès libre et gratuit. Ainsi, des sites encylopédiques comme Wikipédia, Universalis, feu le Quid ou les versions web des grands quotidiens nationaux proposent du contenu multimédia principalement ou totalement gratuit. Et l’internaute que vous êtes a pris l’habitude de passer son chemin lorsqu’on lui demande de payer pour du contenu, se disant qu’il trouvera bien la même chose ailleurs, gratuitement. On conçoit l’achat d’un livre ou d’un journal (c’est à dire en fait, le paiement de l’accès aux informations qui s’y trouvent), mais pas le paiement de l’accès à un site web.

Sauf qu’éditer un site n’est pas gratuit. Il faut d’abord l’héberger, c’est à dire placer les fichiers qui le composent sur un serveur. Pour ceux, comme moi, pour qui un serveur personnel ne se justifie pas, on passe alors par un hébergeur qui fournit un serveur mutualisé (un serveur pour plusieurs sites) avec le personnel qualifié qui se chargera de la maintenance (dépannage, mise à jour des logiciels, …). On ajoute là un coût supplémentaire : celui de la main-d’oeuvre.

Ensuite, il convient de créer le site et de le mettre techniquement en place. Là encore, c’est du temps, des compétences… donc de l’argent.

Et puis vient la partie éditoriale, à savoir la création du contenu du site. Ici aussi, mieux vaut ne pas trop compter ses heures. On est auteur de site web de la même façon qu’on est auteur de livres papier. Ce qui change, c’est le support, donc la facilité d’édition, mais pas la démarche et le temps passé.

Toute cette démonstration pour prouver qu’un site, malgré l’impression qu’ont beaucoup d’internautes, coûte pas mal d’argent, et que le principal moyen de rentrer dans ses frais est de diffuser de la publicité, même si elle n’est pas agréable.

Le début de la rentabilité

Avec 5 annonces judicieusement placées par page (4 Media-clic et 1 Blogbang), ce site commençait à devenir rentable. Pas de quoi vivre (et ce n’est pas le but), mais les frais d’hébergement étaient couverts et même plus. Alors pourquoi, me direz-vous, saper une affaire qui marche ?

Les annonces de 3e zone

Je travaillais avec deux régies publicitaires : Media-clic, spécialisée dans les annonces rémunérées à l’affichage (CPM) à rapport élevé, et Blogbang, spécialisée, elle, dans les publicités vidéo qui se lancent au survol du curseur. Concrètement, dans le cas de Blogbang, vous aviez une vidéo qui se lançait de façon presque inopinée (très désagréable), et pour Media-Clic, des annonces de merde (disons les choses telles qu’elles sont), clignotantes, flashy, agressives, parfois en Espagnol ou en Anglais, faisant la promotion d’arnaques… bref rien de cohérent avec la philosophie de la Gazette.

Pendant un temps, gains aidant, j’ai fait abstraction de la piètre qualité des publicités. Même si j’étais le premier à les subir, étant mon premier lecteur (je passe beaucoup de temps quotidiennement à vérifier que tout fonctionne bien et à répondre aux commentaires). Et puis la semaine passée, j’ai décidé de cesser d’imposer ce désagrément à mes lecteurs comme à moi-même.

La surcharge des pages

En outre, d’un point de vue technique, chaque publicité, c’est un script à charger et à lancer. Avec 5 annonces par page, on augmentait considérablement le poids des pages, donc le temps de chargement, de même que les erreurs, bugs d’affichage et autres. Là encore, c’est l’ergonomie utilisateur qui s’en ressentait, mais aussi le positionnement dans Google. Quand on sait qu’on perd un pourcentage non négligeable de visiteurs pour quelques secondes supplémentaires de chargement (étude à retrouver), on y réfléchit à deux fois.

Mais la surcharge n’affecte pas que la technique et le temps de chargement de pages, elle nuit aussi à l’ergonomie du site. Avec des tas de machins colorés et clignotants partout, on dilue les informations essentielles et on disperse l’attention du lecteur. Finalement, la barre latérale d’un blog n’est-elle pas faite d’abord pour faire la promotion des autres articles de ce blog ?

L’appât du gain et la créativité

On a beau ne pas être cupide, avoir des principes et tout et tout… Quand ça commence à rapporter, on devient comptable. Imperceptiblement, je me suis retrouvé à écrire pour faire des visites (donc des profits via la pub) et non pour le lecteur, je me suis mis à tout optimiser, je consultais mes stats de fréquentation 10 fois par jour… jusqu’à ne plus pouvoir écrire du tout, ayant l’esprit stérile car occupé par les profits, comme vous l’avez constaté au mois de février.

À noter pour la suite : je crois qu’on ne peut pas assurer conjointement la partie éditoriale et la partie commerciale. Les gens dont le fonds de commerce est la créativité (même modestement, au travers de la rédaction), doivent avoir l’esprit totalement libéré des considérations économiques pour être productifs. Devoir assurer les deux en même temps m’a complètement bloqué pour la partie rédactionnelle. Ce qui pose la question des blogueurs professionnels… Suivez mon regard. Il y a un moment où on ne peut plus se faire plaisir quand on veut faire de l’argent, même si on essaye de vivre de sa passion.

Je suis éditeur de contenus multimédias : textes, photos, vidéos. L’argent est secondaire dans mon activité, c’est pourquoi je me suis recentré sur ma passion en laissant tomber ce qui me freinait. Depuis, j’ai l’impression de me retrouver chez moi sur la Gazette, j’ai retrouvé le goût d’écrire, mais pour moi (et un peu pour mon lecteur), non pour draguer en masse des visiteurs. Le nombre de visites quotidiennes n’est plus source de stress.

Comment payer le site à l’avenir ?

Il me reste la vente de mon cours de trigonométrie, qui devrait être rejoint par d’autres, et sur lequel je vais me concentrer. Là au moins, il s’agit d’un vrai produit travaillé. Psychologiquement, pour moi, c’est très différent que monétiser mes articles écrits sur l’inspiration et l’envie du moment.

Et puis, à l’avenir, quand le site pèsera plus lourd en visites, je n’exclus pas de négocier avec des régies “premium” des annonces de qualité et cohérentes avec l’esprit de la Gazette.

Au pire, la Gazette, c’est mon bloc-notes. Est-ce vraiment grave s’il me coûte de l’argent ?


Note à l’attention des grammairiens distingués : le titre n’est pas une faute, mais une référence à l’ultime message de Ghislaine Marchal.

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Bref, je suis allé à une manifhttp://lagazette-blog.fr/humanites/societe/bref-je-suis-alle-a-une-manif/ http://lagazette-blog.fr/humanites/societe/bref-je-suis-alle-a-une-manif/#comments Sun, 26 Feb 2012 13:13:50 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9301

C’était hier, à Nancy comme dans toute l’Europe, une manifestation des Anonymous contre ACTA, le traité négocié en secret entre quelques États et les grosses boîtes pour abolir les médicaments génériques, supprimer la neutralité du net, et court-circuiter les instances judiciaires, au nom d’un droit d’auteur obsolète, construit à l’époque du tout-papier pour les auteurs de papiers.

On était une poignée, 40 d’après la police, 4000 d’après les organisateurs, une bonne cinquantaine d’après moi. On a distribué des tracts dans la rue, on a répondu aux questions des gens, et on a réalisé que la plupart ne savent même pas de quoi il retourne. Je me suis dit que les Français sont technophiles seulement quand sort le dernier iPhone.

On a conspué la boutique SFR, la boutique Orange, la boutique The Phone House et la FNAC. Les clients se sont demandé ce qui se passait. C’était bien. À la sortie de la FNAC, Philae et moi, on a fait peur aux gens avec nos chapeaux et nos manteaux. Ils n’osaient pas refuser nos tracts, mission accomplie.

CC Fickr - OperationPaperStorm

Je me suis dit qu’une manifestation bien martiale, en rang et au pas, ça aurait été beaucoup plus impressionnant pour crier “Nous sommes les Anonymous, nous sommes Légion, nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas, redoutez-nous“. Si une foule parvient à s’organiser d’elle-même pour défiler au pas, qui sait ce pour quoi elle pourrait encore s’organiser ? De quoi coller la pétoche aux autorités…On s’est dit que les organisateurs avaient un peu déconné, qu’organiser une manifestation un samedi de retour de vacances, c’était tendre le dos à l’absentéisme. Pourtant, nous sommes tous concernés par la liberté du net, à une époque où de plus en plus de démarches administratives se déroulent exclusivement en ligne.

Il y avait des jeunes, surtout, quelques vieux aussi, mais aucun élu. Certains ont rigolé avec les CRS (ils sont plus cool sans leur armure). Beaucoup de passants se sont foutus de nous. Je me suis dit que si le gouvernement avait pondu une nouvelle taxe, ils seraient avec nous, en train de bloquer le tram. Mais leurs libertés, ils s’en tapent. Tant qu’ils peuvent utiliser internet pour aller sur Facebook, ils sont contents.

À l’arrivée, on était moitié moins qu’au départ. Après, on a été boire une bière dans un irish pub, et on a fini par un billard.

Bref, je suis allé à une manif.

BONUS : vidéo de présentation d’ACTA

Sous-titres en Français disponibles en cliquant sur le bouton CC ci-dessus.

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2012 sera bien la fin du mondehttp://lagazette-blog.fr/humanites/societe/2012-sera-bien-la-fin-du-monde/ http://lagazette-blog.fr/humanites/societe/2012-sera-bien-la-fin-du-monde/#comments Wed, 22 Feb 2012 11:34:53 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9289

CC Flickr - billsdead

Est-ce un effet de mon imagination ? Est-ce qu’en vieillissant (si si), je prends conscience de choses que ma jeunesse m’occultait ? En tout cas, il me semble que ces dernières années, et plus encore depuis 2 ans, tout s’aggrave, tout empire.

Jusque là, on est au café du commerce, sur l’air de “rien ne va plus ma bonne dame”, un “tout fout l’camp” en mi bémol mineur qu’on aime bien chanter de temps en temps, pour exorciser la trouille et catharsiser sans conséquences.

Mais regardons d’un peu plus près. Cela a commencé avec la crise financière de 2008, alors que certains économistes, dont notre Attali national (pourtant diplômé de Polytechnique, des Mines, de Sciences Po et de l’ENA), nous avaient prédit que, plus jamais au grand jamais, nous ne connaîtrions de crise financière de l’ampleur de celle de 1929. Perdu.

Les mêmes nous ont annoncé seulement un an après que la crise de 2008 était la dernière. Aujourd’hui on regarde la Grêce, mais pas seulement, et on crie tous en choeur un grand “CQFD !”. Re-perdu.

Car entre le chômage, l’inflation, le prix soi-disant si élevé des matières premières, de l’essence[1], du pain[2], les taux d’intérêts exorbitants, la frilosité des banques, pourtant censées dynamiser l’économie, etc. à ce rythme là, c’est bientôt toute une partie de l’Europe qui va boire la tasse, en commençant par les petits budgets, pendant que les grands continueront à se servir sur leur dos.

Ajoutez à cela la recrudescence des lois contre-libertaires de type SOPA, PIPA, ACTA, Hadopi, la fermeture arbitraire de MegaUpload, la censure progressive d’internet pour protéger des droits d’auteurs archaïques détenus par des monstres du divertissement, ça commence à ressembler à une poudrière.

Logiquement, on assiste à une montée des contestations. Sur internet, les pirates, les Anonymous, les associations défendent des droits que nous voulons tous conserver, pour un espace d’échange libre, ouvert et neutre. Dans les dictatures d’Afrique du Nord, le printemps arabe a libéré et continue à libérer les peuples de leurs dirigeants et de leurs régimes totalitaires. Même si, aux dernières nouvelles, le printemps arabe est devenu un automne islamiste.

Et puis, pour finir, la violation toujours plus grande de la vie privée des internautes, avec le traçage constant de nos connexions par d’anciens cavaliers blancs (Google, Facebook) devenus multinationales, tout ça pour nous inonder de publicité et nous monétiser, comme de vulgaires produits que nous sommes, puisque nous ne payons rien en utilisant leurs services. C’est la raison pour laquelle les boutons “j’aime” de Facebook, “+1″ de Google et une bonne partie des publicités ont disparu de la Gazette hier. Désormais, vous n’êtes plus pisté par personne en surfant sur ce site.

On pourrait encore parler de la dégradation des conditions de travail, du stress et des cadences infernales (pour des salaires non indexés sur l’inflation), notamment dans l’Administration française sous le gouvernement Sarkozy, fait d’ordres, de contre-ordres, de réformettes et d’agitation, au mépris total de l’humain et du terrain qui, lui, connaît les réalités… Mais cela pourrait, seul, faire l’objet d’un article.

Tout ceci mis bout à bout, c’est le climat général qui se tend, ce sont les sensibilités qu’on exacerbe, les passions que l’on déchaîne, les frictions que l’on engendre. Jusqu’à une rupture quasi inévitable, à force de tirer sur une corde déjà usée.

À cet égard, 2012 pourrait bien être la fin du monde que nous connaissons, la fin d’un ordre établi qui créé trop de laissés pour compte.

Notes    (↵ returns to text)
  1. lorsque le pétrole baisse de 20%, l’essence baisse de 8% et Total encaisse 12 milliards en 2011
  2. car là aussi, lorsque la farine augmente de 1%, le pain augmente de 5 à 10%

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L’enfer de la prépa et le Monde de la Véritéhttp://lagazette-blog.fr/sciences-techniques/journal-prepa/lenfer-de-la-prepa-et-le-monde-de-la-verite/ http://lagazette-blog.fr/sciences-techniques/journal-prepa/lenfer-de-la-prepa-et-le-monde-de-la-verite/#comments Mon, 13 Feb 2012 12:16:07 +0000 Philae http://lagazette-blog.fr/?p=9266 C’est séquestré dans l’internat du lycée Henri IV, gavé de Lexomil, de Prosac, de Séroplex et de Macrogol[1] que je me réjouis de la dénonciation de mon horrible condition d’étudiant en classe préparatoire littéraire et des ignobles sévices corporels et psychiques qui me sont infligés, par le grand quotidien d’information français : le Monde.

CC Flickr - Ralph and Jenny

Depuis une semaine fleurissent en effet, malgré le froid glacial qui lui-même occupe l’autre partie des marronniers de la pépinière journalistique, des articles sur la prépa aussi bien sur le site du Monde que sur les blogs qui en dépendent. 

Celui par qui le scandale arrive est un article, ou plutôt, des mots du médiateur du Monde, “une enquête” sur la prépa, modestement intitulée : “L’enfer des classes prépas”, ou “Prépas, l’excellence au prix fort” selon qu’elle se trouve dans l’édition papier ou numérique, et signé par Marie Desplechin.

Insee, mon amour

Enquête, dans mon monde à moi de petit bourgeois conformiste allaité aux antidépresseurs, ça veut dire chiffres, explications, sources, rigueur, ou ce genre de choses que l’on doit apprendre en préparant un master de journalisme. Par exemple, il eut été intéressant de comparer, en fonctions des disciplines, les postes et les salaires à l’embauche et après dix ans de travail, de ceux qui sortent de prépa ou d’autres filières, avec en parallèle des comparaisons des taux de suicide, ou tout ce qui est chiffrable dans le domaine de la psychiatrie ; de consulter le corps médical sur la question du rythme imposé, et de faire des statistiques, toujours comparées, où l’on interrogerait différents types d’étudiants ou d’anciens étudiants, dont ceux de CPGE, sur leur ressenti et leur bien-être, avec un vrai questionnaire et un vrai protocole. Et ainsi on aurait pu se demander si vraiment ça vaut la peine d’aller en prépa.

Rien de tout cela dans “l’enquête ” de Mme Desplechin. Seulement de la mise bout à bout de témoignages anonymes d’étudiants de prépa, dont on ne sait pas dans quelle mesure ils sont représentatifs de ce qui s’y passe : le seul chiffre présenté étant celui qui, non sourcé et précédé d’un “Sans mentir”, nous indique que plus de la moitié d’une classe de khâgne du Nord de la France est sous antidépresseurs.

Ma défonce quotidienne aux neuroleptiques et à la lecture de Nietzsche m’empêche sans doute d’apprécier l’incroyable précision dont fait preuve la journaliste, ou ses comparaisons avec Full Metal Jacket. Heureusement, le médiateur sus-cité est là pour éclairer ma lanterne, moi qui n’utilise plus le briquet que pour assouvir mes pulsions toxicomanes. Il rassure les craintes de mon esprit étiqué, me disant qu’il faut prendre cette “enquête de fond” au sérieux et croire en la puissance révélatrice de la “plume” de Marie Desplechin, que son quotidien louait déjà en 1995 lorsqu’elle publiait son premier livre pour adulte, elle qui d’habitude n’est éditée que par l‘École des Loisirs.

Non, je ne me moque pas,

J’ai beaucoup de respect pour un mec qui parle de lui à la troisième personne, se fout de la gueule des lecteurs qui lui écrivent, tronque des courriers intéressants et nuancés pour se donner raison, s’étonne du nombre de réactions à propos d’un article dont l’auteur appelle les anciens élèves de prépa à témoigner pour son livre putatif, et qui juste après montre à quel point son journal sauvera l’humanité (sans mauvais jeu de mot) en recourant à l’argument N°242 du complotiste : “Si ça fait réagir c’est parce qu’on dit une vérité qui dérange” (en somme) le tout sur le blog “Monde des lecteurs“. Je sais que nous sommes dans un pays où une candidate au poste de chanoine de l’achibasilique de Saint Jean de Latran déclare à qui veut l’entendre qu’elle “gène le système”, mais enfin, même dans ces temps troublés de course à l’Élysée, les élites, qu’il semble de bon ton de mépriser, n’ont pas encore déclaré anticonstitutionnelle l’honnêteté intellectuelle.

Polémique en interne

Cette histoire ressemble tout de même à une polémique auxquels sont sensibles seulement les prépas, les profs qui y enseignent et les journalistes, chacun blessant l’autre dans son orgueil. 

Seulement, les réformes du système éducatif, les changements d’acronymes et autres joyeusetés ministérielles se produisant à peu près tous les trois ans font que, en ce qui concerne l’enseignement supérieur, à moins d’être étudiant ou d’avoir des enfants qui le soient, les possibilités d’être au courant du fonctionnement de telle ou telle filière sont relativement limitées en dehors du Capital ou du Zone Interdite annuel sur le sujet, des classements de l’Express ou du Point ou du genre d’article qui nous réunit. L’exception de ce début d’année était un reportage du JT de France 2 sur les CPES[2] d’Henri IV, tout aussi tronqué et orienté que les articles du Monde, mais cette fois dans l’autre sens. À s’en tenir au reportage on avait en effet l’impression que tous les étudiants y étaient issus des cités, noirs, boursiers sur critères sociaux et que l’inénarrable “ascenseur social” fonctionnait vachement bien. Je caricature, mais à peine.

Paradis vs Enfer

Aussi quand vient le jour des portes ouvertes du dit lycée, auxquelles j’ai participé il y a moins d’un mois, on rencontre certains parents qui vous confient, après que vous les ayez renseignés entre autre sur les relations entre condisciples (qui sont loin d’être celles décrites par les préjugé qui circulent), que vous avez, dixit : “l’air normal”, comme si il y avait là un miracle. D’autres n’ont vraiment pas l’air de comprendre ce que vous leur dites lorsque vous leur expliquez que la prépa n’est pas l’aboutissement de toute vie sur terre, qu’existent d’autres voies qu’il n’est en aucun cas dégradant de suivre, et que de toute façon les méthodes de travail qui y sont employées ne sont pas adaptées à chaque individu.

Pour ma part, comme pour une bonne partie des gens que je fréquente, je suis arrivé en hypokhâgne il y a six mois avec des a priori sur ce qu’allait être l’ambiance général et le comportement de nos chers agrégés, tous deux réputés ignobles, qui se sont révélés faux, et d’autres sur l’épanouissement intellectuel, que j’espérais grand et qui eux aussi se sont effondrés face à la réalité.

N’en déplaise au prophète Mani, qui recevait l’illumination[3] à l’âge où d’autres se voient forcés de lire Marie Desplechin, la prépa n’est ni l’enfer, ni le paradis. Le tout étant de savoir si l’enseignement qu’on y délivre nous est ou non adapté.

Néanmoins, de vrais problèmes :

Je vois bien cette histoire tourner en une lutte entre partisans et détracteurs des classes préparatoires aux grandes écoles sans que rien de constructif n’en sorte. Pourtant personne ne semble s’émouvoir du fait que nous vivions dans un pays où les “bons” élèves des lycées de centre ville sont “orientés” vers la prépa ou vers médecine. Orientés si l’on peut dire dans un pays où on laisse les élèves se démerder avec leur avenir, ne les écoutant, un grand sourire crispé aux lèvres, que lors de salons annuels de l’orientation qui servent surtout aux établissement d’enseignement pour faire du rabattage : les études sont aussi un business.

De même les élèves de quartiers plus défavorisés seront plutôt poussés vers les filières techniques et technologiques, sans qu’on se soit trop intéressé à leur motivation, leurs compétences, ni qu’on leur ait dit qu’il existait quelque chose d’autre. 

L’article de Mme Desplechin aborde brièvement un problème plus systémique de l’enseignement en France, mais en l’emballant beaucoup trop dans du misérabilisme bon marché et sous un titre accrocheur suintant trop le besoin de se nourrir pour que l’attention s’arrête vraiment dessus. 

On peut pointer du doigt l’absence quasi totale d’orientation des étudiants qui est aussi vraie en prépa qu’elle ne l’est au lycée, on peut critiquer le fait qu’elle n’entraîne pas au travail en équipe et se demander si il est pertinent qu’elle ne montre ni n’initie à aucunes des réalités ou de l’entreprise ou de la recherche. 

Va chercher le morceau de papier ! Va !

Et puis aussi parler de la courses aux diplômes du système français, et qui commence dès après le bac, sans possibilité (contrairement à de nombreux autres pays) de prendre une année sabbatique. Car c’est bien gentil de parler de la prépa, mais elle n’est ni une fin en soi ni n’existe que par elle même. Éh quoi ? Ça ne choque personne un système où il faille obtenir des diplômes, non pas pour attester de votre compétence ou pour certifier du fait que vous ayez suivi un enseignement un tant soi peu utile dans le monde réel, mais juste pour qu’on vous foute la paix ?

Sans rire, on passe notre temps à “bachoter” en France, que ce soit pour le brevet, le bac, les partiels, les concours d’entrée aux écoles ou ceux de recrutement. En plus il faut bachoter bien et avec peu de personnel pour nous encadrer, parce les ministères de l’Enseignement Supérieur ou de l’Éducation Nationale sont entièrement réductibles à des tableurs Excel qui doivent faire apparaître les plus petits budgets possibles mais en même temps, il ne faudrait pas que l’on perde des places dans les classements européens ou mondiaux : on risquerait de se remettre en question. 

Alors que plumitifs s’éclatent tant qu’ils le veulent à refaire la Divine Comédie avec l’Enfer, le Purgatoire, le Tartare, le Helheim, ou n’importe quelle autre connerie qui leur permettra d’allonger de la métaphore bon marché dans les trois paragraphes qui les nourriront le lendemain, je ne suis pas vraiment sûr qu’ils éveilleront l’opinion publique. Pourtant, en période d’élection, il paraît que ce genre de chose peut se faire : ça donne aux gens l’impression qu’ils ont un pouvoir décisionnel réel.

Mais bon, puisqu’on va me reprocher de souffrir d’un syndrome de Stockholm, d’être dans le déni ou simplement de ne plus regarder TF1, je crois que je ferais mieux de me taire.

Notes (↵ returns to text)

  1. L’un des quatre est un laxatif, sauras-tu le repérer ?
  2. Classes préparatoires aux études supérieures; en somme des classes prépa à la prépa réservées aux étudiants boursiers
  3. Mani est le fondateur du … manichéisme

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La sonate de Haydn réenregistréehttp://lagazette-blog.fr/art-lettres/musique/la-sonate-de-haydn-reenregistree/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/musique/la-sonate-de-haydn-reenregistree/#comments Sat, 21 Jan 2012 08:47:50 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9250

Vous souvenez-vous du premier enregistrement de la Gazette ? Je l’ai refait avant Noël, avec un tempo un peu moins rapide et une interprétation un peu plus fine. À vous de juger…

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2012 : la campagne la plus pourrie de l’Histoirehttp://lagazette-blog.fr/humanites/politique/2012-la-campagne-la-plus-pourrie-de-lhistoire/ http://lagazette-blog.fr/humanites/politique/2012-la-campagne-la-plus-pourrie-de-lhistoire/#comments Tue, 17 Jan 2012 17:00:43 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9224 La campagne pour les présidentielles 2012 a été préparée dans les poubelles, entre les épluchures de patates et les capotes usagées. Ça finit par lasser.

CC Wikimedia

Tout ça ne m’aurait probablement pas tant ému si cela n’avait commencé il y a déjà 2 ans. Car c’est depuis mars-avril 2010 qu’on nous bassine avec cette campagne. Je prédis qu’on commencera à nous parler de celle de 2017 dès septembre 2012 (comme on ne sait pas si elle aura lieu, fin du monde oblige, autant s’y prendre tout de suite…). Finalement on se demande si toute l’énergie gaspillée déployée par la classe politique depuis 2 ans, pour se faire mousser et saper les adversaires n’aurait été mieux employée à des fins de gouvernance, pour conserver un certain A par exemple.

C’est là qu’on se rend compte qu’un homme politique se fout pas mal de son peuple. Ce qui l’intéresse en premier chef, c’est le petit peu de pouvoir supplémentaire que celui-ci peut encore lui octroyer. CQFD.

Mais le mal ne serait pas grand s’il s’arrêtait là, car les politiques se foutent de notre gueule, certes, mais après tout, on n’a que les chefs qu’on mérite. Comme disait le regretté Georges Frêches, “les électeurs sont des cons”. Cela dit, on a aussi les électeurs qu’on mérite…

Non, ce qui me donne la nausée c’est le niveau de cette campagne-ci. Insultes cachées par ici, allusions mesquines par là, mauvaise foi chez les uns, attaques ad-hominem chez les autres… on a franchement l’impression que cette foutue campagne a été préparée dans les poubelles, entre les épluchures de patates et les capotes usagées.

Hollande traite Sarkozy de “sale mec” ? C’est tout l’UMP qui monte au créneau ! Sale mec, comme insulte, on a vu pire, et dans le cas présent, c’est un euphémisme. Et puis tout le monde le pense, aujourd’hui, alors autant l’admettre…

Éva Joly, a le malheur d’ouvrir un peu trop grand sa bouche d’ancienne juge d’instruction qui croit ce qu’elle dit et réciproquement ? On la donne déjà perdante parce qu’elle “n’a pas l’habitude de la politique”, comprenez “pas encore la langue de bois” ! … Magique ! On oublie vite qu’elle a mis sa vie au service de la lutte contre la corruption, mettant en examen des gros bonnets (Roland Dumas, Loïk le Floch-Prigent, DSK, Bernard Tapie) en faisant fi des menaces de mort qui planaient sur elle (il y a des gens qu’on n’embête pas impunément). Comme CV, c’est un peu plus reluisant que la moyenne de ses adversaires. Au fait, ça existe, en France, un homme politique jamais condamné ?

Et Marine, ma chère Marine, qui n’en loupe pas une pour récupérer les conneries des autres à son profit, sur fond de “tout fout le camp” et “c’était mieux avant”. Pathétique…

Sans parler de Jeanne d’Arc qu’on nous ressort on ne sait pas pourquoi, et des 2 millions de Français allés voter aux primaires socialistes que l’UMP refuse toujours de prendre au sérieux…

Côté débat, on touche le fond. Chaque jour apporte son lot de nouveaux coups bas, revirements de discours, manipulations d’opinions. La discussion vire au duel, les confrontations d’idées ont laissé place aux attaques ad-hominem : on ne discute pas programme, projet, on discute légitimité, morale, en n’oubliant pas de ressortir les cadavres du placard.

Mais les Français demandent-ils plus que cela, au fond ? Autour de moi, je m’aperçois que les électeurs ne voterons pas pour une personne compétente et apte à diriger la France. Non, l’électeur lambda veut un modèle de probité et de moralité, quelqu’un en qui il peut avoir confiance, en qui il se reconnaît mais en qui il voit aussi un modèle. Comme si on pouvait faire confiance à qui a déjà goûté au pouvoir, comme si on pouvait être candidat à une élection quelconque sans graisser quelques papattes et sans trahir quelques popotes, à qui on filera ensuite un ministère pour lot de consolation…

Il faut être d’une naïveté sans bornes pour espérer trouver un seul homme politique intègre. Mais il faut croire que la France regorge de naïfs qui veulent une personnalité sympathique au lieu de compétences réelles. C’est bête parce que si on était capable de reconnaître les qualités du gusse en oubliant sa vie, ses amours et ses emmerdes, nos politiques ne pourraient plus se décrédibiliser les uns les autres à grand coup de scandales et d’attaques personnelles. Ils seraient obligés de sortir le CV et de causer programme. Personnellement, le Chef de l’État peut cravacher de la bourgeoise Dior – Louboutin – Hermès dans des soirées SM si ça lui chante, s’il fait ce pour quoi on l’a élu, ça n’est pas mon problème.

En même temps, on sait très bien qu’un programme, c’est juste le bon discours au bon moment et aux bonnes personnes. Quand on veut rallier les patrons, on parle charges professionnelles et aide à l’embauche, quand on veut rallier les ouvriers, on parle qualité française et aides sociales, quand on veut mettre tout le monde d’accord, on parle dette du pays et frais de fonctionnement de l’État. Et une fois en poste, on fait ce qu’on a envie. C’est ça un bon programme. Chirac ne disait-il pas (en citant Henri Queuille) “Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent” ?

Dans tout ça, moi, je ne sais pas pour qui je vais voter. Vomir devant le bureau de vote n’aurait que peu d’impact, bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque, alors il va falloir faire un choix. J’écrivais il y a quelques mois:

La difficulté d’une élection réside dans le choix du menteur le moins nocif.

Avec Sarkozy, on s’est largement (et douloureusement) planté. Cette fois-ci je ne vois personne qui ait les épaules pour assumer la lourde tâche de diriger la France.

Personne pour rendre son optimisme à mon peuple,
Personne pour offrir un avenir brillant à mon pays,
Personne pour gérer sagement les affaires courantes,
Personne pour donner une direction et un projet à long terme,
Personne pour dépasser les petites querelles éternelles et stériles entre partis,
Personne pour arbitrer et harmoniser les requêtes des uns des autres,
Personne pour agir sans avoir quelque chose à se prouver,
Personne pour se porter garant de la Liberté et de la Justice,
Personne pour avoir l’intelligence dans la décision et le courage dans la controverse.

Juste des égos bouffis qui se gavent de pouvoir en guise d’aphrodisiaque, fiers et belliqueux comme des coqs sur leur tas de fumier.

Fils de France, tu es orphelin.

Mise à jour : on m’a reproché le manque de nuance de cet article. D’une part, je tiens à rappeler que je suis blogueur, et non journaliste. Ici, je donne mon point de vue. D’autre part, je ne disserte pas, car c’est un exercice intellectuel sans intérêt dans la mesure où il n’avance à rien. Le plan thèse-antithèse-synthèse est simplement une mauvaise interprétation de la rhétorique latine. Moi, je tranche la question. Point. Pourquoi faire semblant de défendre le point de vue adverse si celui-ci m’écoeure ?

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Mes 5 résolutions de blogueur pour 2012http://lagazette-blog.fr/edito/mes-5-resolutions-de-blogueur-pour-2012/ http://lagazette-blog.fr/edito/mes-5-resolutions-de-blogueur-pour-2012/#comments Sat, 14 Jan 2012 18:46:30 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9103 Un édito en forme de chaîne. Si si, lisez donc !

CC Flickr - Sergey Melkonov

La semaine dernière, en consultant mes mails, je reçois une notification de Mlle Geekette, copine blogueuse[1], qui me cite dans un tweet en me demandant d’attraper une patate chaude.

La surprise passée, je découvre qu’elle me lance un défi, dans une chaîne initiée par Julien de Passion-net.fr, consistant à déclarer publiquement mes résolutions de blogueur pour 2012. Soit.

D’abord, je ne prends jamais de résolutions. Je déteste ça, encore plus quand c’est juste un truc à la mode pour se donner bonne conscience pendant 3 semaines, avant de se dire qu’on est une pauvre petite créature sans volonté pendant 3 autres semaines, et d’oublier résolutions et échecs pendant tout le reste de l’année, jusqu’à la prochaine fois.

Mais pour une fois, je vais faire une exception.

Résolution N°1 : Publier plus souvent.

Et oui, les lecteurs comme Google apprécient la régularité. Mais comme tous les blogueurs, je suis déjà bien occupé, et pas toujours surmotivé. La Gazette connaît donc des périodes de creux. Ceci étant, les périodes d’inactions étant souvent dûes à des périodes d’examens, il va quand même y avoir des moments où il me faudra faire un choix, et comme je ne prépare pas un diplôme en blogging, il va être vite fait…

Résolution N°2 : Publier plus de vidéos

Les vidéos de la Gazette, où l’on peut me voir et m’écouter interpréter brillamment (ou pas) des oeuvres du répertoire pour piano, n’intéressent que modérément les internautes, au vu du peu de visites qu’elle génèrent via Google, mais font apparemment bien plaisir à mes amis. Il y a en 7 à cette date et j’aimerais réussir à en tourner plus d’une par mois.

Ceci dit, on ne se rend pas toujours compte du travail que cela représente : bosser le morceau choisi (plusieurs dizaines voire centaines d’heures, suivant les cas), installer le matériel de prise de son, effectuer une balance propre, règler la caméra, on est déjà à plus d’une demi-heure de préparation (si tout se passe bien). Quand on sait que je réalise environ 6 prises pour chaque morceau, dont 5 finiront à la poubelle, et si l’on compte le temps de prise, de vérification de l’enregistrement, de montage, de mise en ligne, etc. Je peux passer une journée sur une vidéo de 3-4 minutes. Pas génial, niveau rentabilité…

Résolution N°3 : Plus d’articles de fond

Parce que c’est ce que vous cherchez en priorité : des informations, des tutoriaux, du solide à vous mettre sous la dent. Et parce que c’est ce qui rapporte le plus de visites… Mais en tant que blogueur, c’est aussi ce qui est le plus pénible à écrire, même si on sait qu’on va rendre service à plein de gens. Côté créativité, c’est un peu pauvre.

Résolution N°4 : La boutique en avant toute !

J’ai lancé ma boutique cette semaine avec mon super cours de trigonométrie pour un prix dérisoire (alors jetez-vous dessus !), ce qui marque mon entrée dans le monde de l’entreprenariat et mon passage du côté obscur du blogging : ça y est, je me sers de mon blog pour faire des sous. Enfin bon, je reste Arle Uein, La Gazette reste dirigée par “L’Homme est une fin et non un moyen”, et je continue à bloguer parce que j’aime ça.

Je vais simplement vendre mon jus de cerveau en plus, dans la boutique, parce que tout gratuit c’est bien gentil, mais ça ne remplit pas mon frigo ni le réservoir de ma voiture. Et puis les internautes oublient ou n’ont souvent pas conscience de ce que coûte un site même basique. Rien n’est gratuit, même sur internet… Derrière un site, il y a d’abord du matériel pour l’hébergement (serveur, local, connexion XXL, …) et du personnel pour la maintenance du matériel et la création du contenu. Alors la pub, ça n’est pas agréable, mais c’est nécessaire.

Résolution N°5 : W3C mon amour

En dépit de gros efforts, il reste en moyenne une trentaine d’erreurs par page qui font hurler le validateur W3C. Je vais essayer de régler ça pour avoir un site absolument respectueux des standards du web. Quant à assurer la (rétro)compatibilité avec le navigateur Microsoft, là, j’ai tout simplement renoncé. Microsoft se fout de la gueule du monde, mais il existe beaucoup d’alternatives, donc c’est votre problème si vous préférez Internet Explorer à Opéra ou Firefox.

Résolutions additionnelles

Me remettre à la photo, parce que même si la galerie en compte presque 400, ça fait 6 mois que je n’ai plus fait de shooting. Oui, c’est mal.

Voilà, ceci tenait lieu d’édito pour le mois de janvier. 2012 marquera l’entrée de la Gazette dans sa maturité puisque nous fêterons ensemble ses 2 ans d’existence le 6 mars. Beaucoup de chemin parcouru pendant tout ce temps, beaucoup de travail, beaucoup de leçons tirées, de remises en cause, de questionnements, de tests, de surprises, de découvertes, d’idées devenues réalités et d’échanges avec des lecteurs toujours plus nombreux. Je rencontre régulièrement des gens que je ne connais pas encore mais qui, eux, connaissent mon travail et l’apprécient. Ça fait toujours plaisir, même si je ne sais plus où me mettre après.

Je vous souhaite une très belle année 2012.

Notes    (↵ returns to text)
  1. Oui, c’est un nouveau concept, étant donné que nous ne nous connaissons que par nos blogs respectifs

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La Sonate N°1 de Beethovenhttp://lagazette-blog.fr/art-lettres/musique/la-sonate-n1-de-beethoven/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/musique/la-sonate-n1-de-beethoven/#comments Mon, 02 Jan 2012 21:50:41 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=9014

Je suis très heureux de vous présenter cette nouvelle vidéo, la première de l’année 2012, avec mes meilleurs voeux !

Après un cycle de petites pièces “faciles”, histoire de retravailler ma technique (ce qui n’était pas un luxe), j’entame mes oeuvres fétiches, un peu plus compliquées et surtout plus profondes… La première de la série est donc l’allegro de la première sonate de Beethoven.

Un enregistrement réalisé le 31 décembre, en toute hâte avant de prendre le train. J’espère qu’il vous plaira…

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Notes sur Aurélia, G. de Nervalhttp://lagazette-blog.fr/art-lettres/livres/notes-sur-aurelia-g-de-nerval/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/livres/notes-sur-aurelia-g-de-nerval/#comments Wed, 28 Dec 2011 09:00:05 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=8924

Dire que je vais faire la critique d’une oeuvre parue au XIXe siècle serait un peu prétentieux… D’autant que je ne m’attirerais rien d’autre que les foudres des littératureux puristes pour qui tout ce qui a traversé la poussière des siècles est panthéonisable.

Je vais donc me contenter de quelques impressions de lecture.

Une dame que j’avais aimée longtemps et que j’appellerai du nom d’Aurélia, était perdue pour moi. Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l’émotion la plus navrante, le coup le plus terrible frappé à l’âme par le destin ; il faut alors se résigner à mourir ou à vivre : – je dirai plus tard pourquoi je n’ai pas choisi la mort. Condamné par celle que j’aimais, coupable d’une faute dont je n’espérais plus le pardon, il ne me restait qu’à me jeter dans les enivrements vulgaires ; j’affectai la joie et l’insouciance, je courus le monde, follement épris de la variété et du caprice. [...] Quelle folie, me disais-je, d’aimer ainsi d’un amour platonique une femme qui ne vous aime plus. Ceci est la faute de mes lectures ; j’ai pris au sérieux les inventions des poètes.

Ainsi commence l’ouvrage, et telle est la description de cette femme que le narrateur, probablement Nerval en personne, nomme Aurélia et dont il a fait son personnage récurrent.

Au hasard des invitations en société, il est un jour amené à revoir celle qu’il a aimé, dans un salon de province où ils étaient tous deux conviés. Alors qu’il pense l’avoir perdue définitivement, elle s’avance vers lui et le salue. Dès le lendemain, il doit regagner Paris pour trois jours, mais il se promet de revenir dès que possible auprès d’elle. Cependant, lors de son séjour parisien, il est frappé d’une prémonition funeste : Aurélia va mourir.

Alors se déclenchent une succession de songes qui prennent le pas sur sa vie réelle et marquent le commencement de la folie de Nerval, qui va le conduire rapidement en maison de santé. Ses symptômes redoublent avec la douleur lorsqu’il apprend qu’Aurélia est effectivement morte. Il perd le sommeil, le peu qu’il parvient à dormir est peuplé de rêves symboliques, mystiques et métaphysique sur la mort, la finitude, le néant. Il déifie alors celle qu’il a aimée et perdue, et entame une longue rédemption par laquelle il espère se montrer digne du pardon qu’il n’a pu obtenir d’elle vivante.

Aurélia devient toute sa vie, hantant ses rêves, prêtant ses traits ou sa voix aux personnages que rencontre Nerval, trahissant symboliquement sa présence dans chaque aspect de son existence. La raison fragile du narrateur cède un peu plus à chaque page, sous le poids du remord et de la culpabilité. La fin est un apothéose qui achève la descente aux enfers.

J’ai refermé le court ouvrage (70 pages) avec la nette impression de partager une bonne partie des névroses de ce cher monsieur de Nerval, ce qui augure le pire sur ma santé mentale : une certaine propension à se faire du mal pour rien, et la mauvaise habitude de sacraliser un peu trop les sentiments, pour ne mentionner que ce qui est publiable ici.

L’ouvrage est une plongée stupéfiante dans l’esprit d’un homme que la douleur rend fou, d’un sentimentalisme profond sans tomber dans la sensiblerie. C’est vertigineux, cathartique et effrayant à la fois. Lisez-le.

P.S. : Aurélia, abstiens-toi de me précéder dans la tombe.

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L’hiver dans les Vosgeshttp://lagazette-blog.fr/art-lettres/photo/lhiver-dans-les-vosges/ http://lagazette-blog.fr/art-lettres/photo/lhiver-dans-les-vosges/#comments Mon, 26 Dec 2011 21:06:35 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=8903 J’ai fait cette photo il y a presque exactement 2 ans. J’étais alors encore prépa, c’était le premier jour des vacances de Noël, un samedi matin. Allez savoir pourquoi, je m’étais réveillé tôt (à 8h !) alors que j’étais ivre de fatigue. Il faut avoir été en prépa pour comprendre de quoi je parle…

J’ai pris la photo par -14°C, avec un vent du Nord glacial qui soufflait en rafales. Je précise que prendre une photo, quand on n’a pas un appareil à déclencheur spécial moufles, c’est sans gants… Autant vous dire que mes mains s’en souviennent.

J’aime bien cette ambiance de pays nordique, où l’on oublierait presque qu’on est en France, avec cette lumière très froide mais également très fraîche. Je suis assez content de mon travail.

J’ai un peu laissé tombé la photo, depuis plusieurs mois. Manque de temps, mais surtout d’envie, d’inspiration, de sujet… Ça me rend un peu mélancolique de mettre le nez dans mes archives, mais j’ose espérer que cela vous fera plaisir.

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Ces mots qui ne veulent plus rien direhttp://lagazette-blog.fr/humanites/meditations/ces-mots-qui-ne-veulent-plus-rien-dire/ http://lagazette-blog.fr/humanites/meditations/ces-mots-qui-ne-veulent-plus-rien-dire/#comments Thu, 22 Dec 2011 11:32:01 +0000 Arle Uein http://lagazette-blog.fr/?p=8208 Hommes politiques, patrons, journalistes, publicitaires… se plaisent à nous servir de belles phrases pompeuses, pleines de sens cachés mais malheureusement sans véritable signification. Quelques exemples ?

CC Flickr - Udayanga Amarasekara


Humanisme

L’Humanisme, à l’origine, est le mouvement intellectuel datant de la Renaissance et visant à replacer l’Homme au centre du monde, dans un charmant combat terrien vs Dieu, contre l’obscurantisme. Pour le TLFI, c’est :

Attitude philosophique qui tient l’homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines

Aujourd’hui, l’humanisme a été tellement mis à toutes les sauces que tout le monde peut à peu près s’en réclamer, à tel point que j’ai refusé de l’employer sur la page À propos de ce site. Ainsi donc, la charité est jugée humaniste, de sorte que la plus vaniteuse condescendance est devenue une vertu.

Pour les grandes écoles, proposer une “formation humaniste” est, semble-t-il, plus élégant qu’un “cursus pluridisciplinaire”. Et puis, ça a un doux parfum d’universalité et d’intemporalité, avec comme sous-entendu que ladite formation se préoccupe plus de l’épanouissement des ses étudiants que de son classement et de ses statistiques de réussite. Bref, c’est classe.

Enfin, les hommes politiques aiment beaucoup user de ce qualificatif glorifiant dans leurs séances d’auto-congratulation ou dans les éloges jamais vraiment désintéressés qu’ils s’adressent les uns aux autres. C’est un peu le mot populiste passe-partout qu’on case pour meubler et faire comme si on préférait l’individu au système, l’homme à l’électeur et qu’on en avait quelque chose à faire de la morale et des vertus.

Optimisation

Signe des temps, dans une quête nocive à l’efficacité, à l’efficience, aux rendements, au toujours mieux, où les hommes sont des pions qu’on peut détruire parce que nul n’est irremplaçable, l’optimisation est devenu le mot à la mode partout.

Il s’agit en fait d’un anglicisme dérivé de to optimize, employé pour la première fois en 1844 dans le sens de «se comporter en optimiste» et à partir de 1857 au sens de «faire quelque chose de manière optimale» (source : TLFI).

On connaissait, en conception (et surtout en maths appliquées), les fonctions d’optimisation, dont la plus basique consiste à calculer la boîte parfaite qui, tout en contenant un volume maximal, présentera une surface minimale afin d’économiser le carton.

Il y a eu également les fonctions optimisées en informatique, qui consistent à écrire des programmes contenant le moins de commandes possible, afin de les rendre plus légers, plus lisibles et d’éliminer le plus de sources de bugs possible. Suivirent les fichiers compressés, optimisés pour le meilleur rapport poids/qualité. On pense au format d’image jpeg ou aux dossiers zip.

Bien avant, on s’était mis à optimiser la production industrielle, avec les modèles de production de Taylor, de Ford ou même de Toyota. Si le principe de vouloir produire plus avec moins (de main-d’oeuvre, de matière première, …) est louable, le problème vient d’un décalage criant entre la (belle) théorie et la réalité (pourrie) : le facteur humain.

À force de vouloir faire toujours mieux, toujours plus, et de courir sans cesse après des résultats toujours plus irréalistes, on a transformé l’humain en machine en oubliant totalement qu’un employé a besoin de s’épanouir un tant soit peu dans son travail pour rester en bonne santé (physique et morale), et également pour produire un travail de qualité. Jusque là, on est dans l’évidence.

Sauf que l’évidence semble avoir été totalement oubliée par le monde de l’entreprise version française. Ce qui est stupide à long terme, puisque l’économie ponctuelle réalisée par une entreprise en confondant employé et citron va générer notamment des dépenses de santé supplémentaires que toute l’économie devra supporter, via la Sécurité sociale. Le Prosac, ça finit par coûter cher… Il n’y a certes pas que sur ce terrain que l’économie à court terme coûte cher à long terme, mais ce n’est pas mon propos.

Par voie de conséquence, “optimiser”, aujourd’hui, ça veut surtout dire “casser de l’humain”.

Égalité

Où je vais m’attaquer à un des superbes mythes de notre glorieuse République bananière…

Historiquement, le terme égalité qui apparaît en Français au début du XVIe siècle se réfère d’abord à un fait mathématique : « relation entre deux choses ne présentant aucune différence de grandeur, de qualité ». C’est au XVIIe siècle qu’on étend son usage à des faits sociaux (1647 : « (de personnes) état de conditions égales » (CORNEILLE, Théodore)) et caractériels (1639 : « stabilité, constance dans les dispositions du caractère »).

À la lumière de quoi, je pense pouvoir affirmer que l’égalité, ça n’existe pas en dehors des mathématiques. La devise “Liberté, égalité, fraternité” est jolie sur le papier mais ne signifie rien.

Pourtant, on nous ressasse l’égalité devant la loi, l’égalité entre les sexes, l’égalité de traitement, … On peut, au mieux, parler d’équité (“Principe impliquant l’appréciation juste, le respect absolu de ce qui est dû à chacun”, TLFI), mais l’égalité, mieux vaut ne pas courir après des chimères : c’est un idéal inaccessible. Parce qu’il y a aura toujours des forts et des faibles, des grands et des petits, des amis et des ennemis, des abrutis et des génies, des hommes et des femmes, …

C’est pourquoi ça ne coûte pas cher, de tartiner de l’égalité partout. Personne ne sait ce que c’est, au fond.

Message fort

Il semble y avoir des messages faibles, car à en croire les journalistes (qui sont pour beaucoup dans les évolutions de la langue), à chaque fois qu’un homme politique en fonction ou non ouvre la bouche, il adresse un “message fort” à quelqu’un.

Mais qu’est-ce qu’un message fort ? Une menace ? Un rappel à l’ordre ? Un sous-entendu lourd de sens ? Une bafouille contenant des valeurs universelles ?

D’après le TLFI, toujours, une chose forte est “capable d’exercer une action puissante, doué[e] d’une grande efficacité”. Finalement, on est dans l’oxymore, car l’action d’un discours est surtout fonction de l’importance de l’orateur, c’est à dire assez limitée dans la plupart des cas.

Ici, je serais incapable de dégager le sens de l’expression, et je ne serais même pas surpris qu’il en soit de même pour ceux qui l’emploient. Ou alors ça ne veut simplement rien dire…

Film événement

Narcissisme des cinéastes ou hyperbole des producteurs ? Il semblerait que chaque film qui sorte soit voué à devenir un phénomène de société qui impacte durablement la culture occidentale car, à en croire la promotion des films actuellement à l’affiche, ce ne sont que des “films événement”.

La locution est ici assez claire : le film est voué à prendre une certaine importance dans la vie des gens. Ce dont on doute beaucoup quand elle se trouve accolée au dernier blockbuster made in Hollywood.

Mais enfin, on peut comprendre qu’après le succès inattendu de Bienvenue chez les ch’tis, le pire nanard de troisième zone soit en droit d’attendre un succès retentissant. Hein biloute ? La morale de l’histoire, c’est que les publicitaires n’ont vraiment peur de rien, surtout pas du ridicule. CQFD.

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