Énergies renouvelables = propres ? Non !

Notice biographique

J’ai commencé à m’intéresser aux énergies renouvelables dans le cadre des Travaux Personnels Encadrés (TPE), qui consistaient en un mémoire et un exposé rentrant dans les épreuves du bac. Plus tard, j’ai travaillé comme technicien au service Recherche et Développement d’un grand constructeur de moteurs électriques et d’alternateurs d’éoliennes. Je suis aujourd’hui élève ingénieur en génie mécanique. Depuis un an, je travaille également en conception et en fabrication sur un projet de voiture propulsée à l’énergie solaire. Continuer la lecture

Y aurait-il un scandale du cholestérol ?

Après le livre du Professeur Even, celui du Docteur de Lorgeril, début 2013, on pourrait se demander si les médicaments anti-cholestérols sont si efficaces, et surtout si le cholestérol est vraiment une menace.

En 2011, les statines, plus connues sous le nom d’anti-cholestérols, représentaient un marché de 1,363 milliards d’euros rien qu’en France, et les deux médicaments les plus prescrits, toujours en France. En 2012, les estimations tendent vers 1,272 milliard d’euros, remboursés par la Sécurité sociale. [source] Continuer la lecture

CC Flickr - sybarite48

Pourquoi je ne publie (presque) plus

Lassitude, ça pourrait être le mot qui décrirait ce que je ressens face au web de cette fin 2013. Bientôt 4 ans que j’ai ouvert la boîte, et c’est de moins en moins cool.

J’avais 18 ans, je ne savais pas programmer, j’avais des idées, des choses à dire. Avec la Gazette, j’ai appris à coder, en PHP, en HTML, en CSS, un peu en javascript, j’ai appris à traiter avec Google et comment utiliser les réseaux sociaux. J’ai espéré faire un peu d’argent avec mon travail, ça a presque marché à un moment. J’ai expérimenté plein de choses, sur le fond et sur la forme. J’ai écrit des bijoux et des daubes. J’ai fait parfois du racoleur, parfois du sélectif. J’ai beaucoup appris. C’était l’époque où il y avait moins de pub sur Facebook, où il n’y en avait pas sur Youtube, et où Deezer était gratuit et illimité. #C’étaitMieuxAvant. Continuer la lecture

Cacher les commentaires pourris de Youtube

Je ne sais pas vous mais — ça doit être la vieillesse — je supporte de moins en moins la débauche de fautes d’orthographes qui contamine — me semble-t-il — chaque jour d’avantage le web.

Je suis arrivé au point où les commentaires de Youtube me donnent envie de tuer des chatons, tant les faux débats et la malhonnêteté intellectuelle qu’on peut y lire m’exaspèrent, d’autant qu’ils semblent vouloir s’acharner à violer systématiquement les règles de syntaxes les plus élémentaires.

Bref, il était urgent de trouver un moyen de cacher à ma vue ces inepties vulgaires que je ne saurais voir.

Par bonheur, Firefox le permet assez facilement.

Il suffira de :

  1. trouver le répertoire de Firefox (sous Linux : /home/VOTRE_ID/.mozilla/firefox/VOTRE_PROFIL.default)
  2. y créer un dossier chrome
  3. y créer un fichier userContent.css
  4. y ajouter la règle CSS suivante :
  5. redémarrer le navigateur

Ce code aura pour effet de masquer la division HTML contenant les commentaires et de faire du bien à vos yeux, ainsi qu’aux chatons. Vous pouvez de la même façon masquer tous les contenus qui vous indisposent ou forcer des styles HTML (taille du texte par exemple).

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700-342664-Doctorat en coaching personnel et relationnel

Le développement personnel : du coaching à l’incitation au viol

Internet a permis quelque chose de magnifique : donner à chacun un espace d’expression peu ou pas censuré, pour un coût variant de pas beaucoup à rien du tout, avec une difficulté technique somme toute raisonnable et un public virtuellement illimité. Une première dans l’histoire de l’Homme, puisque pour le même objectif, il y a encore 25 ans, il fallait éditer un périodique avec les investissements et la logistique que cela suppose.

Les nouveaux experts

Rançon de cette nouvelle liberté, on a vu fleurir les experts autoproclamés, les spécialistes improvisés, puis dans une seconde vague, les coachs en tout genre, à grand coup de blogs partiellement gratuits, de traductions de textes américains (livres, sites), d’ebook pas chers et, pour les plus culottés, de formations complètes voire de séminaires. Continuer la lecture

Bulletin d'adhésion de l'ATD-Quart Monde

Infographie : le design qui cache la paresse intellectuelle

Actuellement, sur le web, que l’on parle de blogs ou de sites de grands quotidiens nationaux, la mode est à l’infographie percutante, édifiante, signifiante. Rappelons que l’infographie, c’est une image présentant, ou plutôt mettant en scène, des statistiques variées en mélangeant les graphiques et les illustrations de type ClipArts 2.0.

C’est bien, c’est beau, c’est sexy, ça en jette, c’est synthétique et facile à lire. Au point que le Monde, dans la présentation de ses nouveaux objectifs intitulée Le Monde c’est déjà demain, la range dans la catégorie “Formats porteurs de sens” (page 22) :

D’autres exemples vus sur le web ces jours-ci :

Campagne municipale anti-Juppé des jeunes socialistes
Campagne municipale anti-Juppé des jeunes socialistes

Bulletin d'adhésion de l'ATD-Quart Monde

Bulletin d’adhésion de l’ATD-Quart Monde

Porteuse de sens, l’infographie ? Vraiment ?

Il est vrai qu’elle présente l’avantage de se lire facilement, d’aller droit à l’essentiel. Et de se prêter particulièrement bien à des usages propagandistes.

MAIS… L’infographie, ce sont des chiffres bruts, sans contexte. Ou plus précisément, avec un contexte factice. Présentez les mêmes chiffres bruts dans un tableau en noir et blanc, ils perdent tout impact. On se demande d’où ils sortent. Mettez de la couleur, des bulles, des symboles, des graphiques… On a l’impression d’avoir un contexte, même s’il est graphique et non sémantique.

Le danger de ce type de présentation réside dans le fait qu’on gobe le chiffre sans chercher à savoir comment il a été sorti : quel échantillon à été utilisé, quelle méthode statistique, quels paramètres ont été pris en compte, etc. Tout ce qui permet de juger de la validité de l’étude et du crédit à lui accorder, finalement. Et tout ce qui permet de la relativiser, entre autres.

Et précisément, l’objectif de ce type de média est la viralité : édifiante et lisible, elle incite au partage massif via les réseaux sociaux. Or on s’entend, l’infographie est partagée sortie de son contexte, si tant est que l’article dont elle est tirée développe d’avantage les statistiques affichées.

Son usage explose dans les média papiers et numériques, comme l’illustre le Monde, mais également les sites web qui proposent des outils de création de vos propres infographies. Mais gardons à l’esprit que l’infographie n’est pas porteuse de sens, pas plus qu’elle est une référence ou une justification : c’est un affichage creux, qui peut facilement dissimuler le manque de méta-données (tout ce qui indique d’où sortent les chiffres) derrière un design glamour.

On surfe avec brio sur la vague de la paresse intellectuelle d’un public hyper-connecté informatophage, en donnant l’illusion de démontrer quand on ne fait que montrer, en ménageant le temps de cerveau disponible d’un public qui zappe principalement d’un contenu chatoyant à un autre.

Méfiance, donc, avec les infographies. Tout ce qui est pré-mâché est suspect.

Copyright Flickr - University of Hull

Élites: Marianne aura vos têtes

Malhonnêteté intellectuelle et mauvaise foi permettent ce mois-ci à Marianne une poignante enquête de trois pages “plongeant” au cœur du formatage de l’encéphale médiocre et rétrécis de nos élites. 

Bertrand Rothé signe en date du 9 juin dernier un article intitulé “Plongée dans la fabrique des élites“. La rédaction de Marianne n’a pas du bien comprendre ce qui y était écrit puisqu’elle le fait apparaître en une comme une réponse à l’interrogation – ô combien préoccupante : “HEC, ENA, nos élites sont-elles incultes ?“. J’aurais parié sur une mention acide de La Princesse de Clèves, assortie d’une mauvaise parodie d’un Alain-Gérard Slama vendant du papier pour crier à la “délittérarisation de la vie politique” (sic). Las ! Elle n’est pas venue: ce n’est absolument pas ce dont il y est question. La rédaction le classe finalement sous la rubrique: “Enquête, Idées“, alors qu’il ne contient ni l’une ni l’autre.

L’angle d’attaque

L’article a toutefois ceci de particulier que:
- Premièrement ce n’est pas la rédaction du Monde.fr qui l’a pondu au mois de février, ce qui pourtant ne manque jamais d’arriver lorsque, comme ici, la prépa va être abordée;
- Deuxièmement, l’auteur essaye de mettre en évidence une uniformité des approches de la science économique, discipline qu’il enseigne à l’université de Cergy-Pontoise, en se penchant sur les sujets de dissertations proposés aux concours d’écoles comme Polytechnique, les ENS, HEC, l’ENA, l’ESSEC. En bref, il veut dénoncer une approche épistémologique de l’économie reposant exclusivement sur un credo libéral borné.

Définissons les élites

Pourquoi faire ? Très à la mode, on invoque cette caste obscure mais puissante, et à l’acception floue avec une ferveur qui ferait pâlir les numéros “Spécial Franc-Maçons” du Point et de L’Express. Mais après tout pourquoi s’encombrer de définitions puisqu’il est évident que tout le monde sait quelle réalité le terme recouvre vu qu’il est sur toutes les lèvres ?

Je ne vais pas faire d’un bout à l’autre semblant d’être con, il semble bien qu’il y ait en France une classe politique et économique dont les réseaux et la sociabilité se tissent de manière assez étroite en fonction de leur parcours au sein du système français des Grandes Écoles. Les trajets Polytechnique/Science Po/ENA existent, les notices Wikipédia permettent au hasard de la recherche Google de telle ou telle personnalité publique de s’en rendre compte. Mais jusqu’à quel point les profils sociologiques et les parcours dans les “Grandes Écoles” permettent-ils de décrire une “classe” particulière, ces fameuses élites ?

The Economist voyait, dans un flou qualitatif assez remarquable, une tare du système français dans cette porosité entre dirigeants du CAC 40, ministres, artistes même tous formés “à même école”, dans le fameux numéro “La France, une bombe à retardement au cœur de l’Europe“. Le Financial Times essayait d’analyser la faillite des élites en France, en ne citant pour l’exemple que deux chiffres: la promo annuelle des 400 polytechniciens et celle des 80 énarques. On ne demande pas une prosopographie de tous ceux auxquels échoient des responsabilités en France, mais là on en reste quand même assez loin.

Copyright Flickr - University of Hull
Copyright Flickr – University of Hull

La prépa, cet ensemble monolithique

Ce n’est pas cela qui va faire peur à Bertrand Rothé, rassurez-vous. L’équation est en effet simple, un élève de prépa (quel qu’il soit d’ailleurs, l’auteur se fiche bien de nommer une association de professeurs de prépas scientifiques pour illustrer un propos spécifique aux écoles de commerce), est un futur élève des Grandes Écoles, donc un futur ministre-patron. Jugez plutôt la probité intellectuelle d’un raccourcis qui ne prend même pas la peine d’être syllogistique:

Souvent costumés comme pour un mariage, ils se rendent qui dans les ENS ou à Polytechnique, qui à HEC, à l’Essec ou à Sciences-Po. […]
Mais sur quels sujets de culture générale sont donc choisis les futurs ministres et[1] patrons du privé ?

Je ne cite qu’une seule occurrence de cette fulgurante pensée synthétique mais les tournures périphrastiques grinçantes du type “les futurs Moscovici et Attali” pour les élèves de l’ENA nous rappelle que le raccourci et l’approximation sont les maîtres-mots de cet article.

Sans doute est-ce parce qu’il nous rappelle que mai et juin sont la période des concours, que l’auteur en profite pour mettre dans le même sac toutes les prépas et toutes les écoles. À ce propos, je vous donne 30 secondes pour me donner un point commun entre un docteur ès lettres spécialiste du traitement du sujet dans la philosophie nietzschéenne ayant fait l’ENS de Lyon et une polytechnicienne, ingénieur du corps de contrôle des assurances et un directeur marketing du groupe LVMH ayant un master “stratégie du luxe” à HEC.

Je précise que je fais partie des 40 000 étudiants à avoir sué “sang et encre” pour reprendre les termes de l’article, c’est à dire que j’ai eu l’insigne et immense plaisir de disserter pendant un mois entier sur des sujets proposés à la fois par les ENS, et les écoles de commerce de la  Banque Commune d’Épreuve[2]. Je vous laisse ci-après un blanc typographique et une minute trente pour toutes les attaques ad personem que vous souhaiterez adresser à un monstre à la solde du grand Capital.

De la dissertation

Et c’est là où toute la malhonnêteté de l’article se laisse pleinement savourer. Celui-ci est en effet écrit par quelqu’un qui a présenté et été admis au concours de l’agrégation et qui de ce fait a dû se frotter à cet exercice éminemment rhétorique, figé et souvent un peu vain qu’est la dissertation. Cela ne l’empêche pas de prétendre pouvoir prendre les sujets qu’ils énumère comme étant des affirmations définitives et encore moins, comme il le fait constamment de les lire au premier degré.

Ainsi le sujet :« La vie est-elle autre chose que le théâtre de la cruauté ? »  devrait-être vu comme la preuve du plus affreux cynisme dont est capable HEC. Comme si l’affirmative était la seule réponse qu’appelait un tel sujet. La phrase de Montherland: « Les révolutions font perdre beaucoup de temps » devrait-être elle aussi prise comme une affirmation, preuve indéniable du caractère réactionnaire et totalitaire des élites.

Je suis loin d’aller jusqu’à me faire brûler pour défendre la légitimité ou même l’utilité d’une forme de rédaction qui consiste essentiellement en un morceau de bravoure et de rhétorique, en une épreuve durant entre quatre et six heures obligeant délayer une phrase ou un mot autant qu’il est possible de le faire et qui permet de mettre en scène un raisonnement. C’est un exercice grevé d’autant de carcans formels que, par exemple, une conférence ou qu’un article de journal, mais qui constitue une spécificité franco-française au sujet de laquelle il serait effectivement bon de s’interroger.

Cependant, la forme canonique de la dissertation: thèse-anthitèse-synthèse que l’on doit, pour le dire vite et méchamment, à une compréhension boiteuse de la dialectique hégélienne par un type qui avait la mauvaise idée d’être philosophe et ministre de l’Instruction Publique: Victor Cousin, a ceci d’intéressant qu’elle contient le mot antithèse. Malheureusement pour Bertrand Rothé, un sujet est toujours critiquable, plus il est dogmatique, péremptoire et assertif, plus il convient d’ailleurs de le remettre en question afin d’aboutir à un jugement nuancé et critique.

Tout cela pour dire qu’énumérer des sujets sans même poser les problématiques qu’ils soulèvent, en les prenant au pied de la lettre dans un procès aveugle et à charge ne permet absolument pas de prouver quoi que ce soit.

Prendre parti

On est de plus amené à prendre parti dans une dissertation qu’au regard des théories multiples et parfois contradictoire qui s’affrontent au sein d’une même discipline et qu’on ne peut, alors que l’on cherche à montrer la qualité de son raisonnement, les rejeter sans les avoir réfuter.

Certains thèmes quand à eux focalisent l’attention des chercheurs. C’est le cas de la crise en économie qui est un moment privilégié pour interroger les modèles et les théories utilisés. Pas de quoi conclure à l’optimisme pathologique en voyant qu’une question comme: “La crise est-elle finie ?” est posée.

De même, le fait que l’on s’interroge sur la manière dont sont menées les guerres, après les deux guerres mondiales, et la Guerre Froide, ne peut être pris comme l’évidence absolue d’une ardeur guerrière ou d’un ethos combattant chez le futur financier. En revanche l’existence d’une École de Guerre Économique (que l’auteur ne mentionne pas), peut soulever deux ou trois interrogations de cet ordre.

Mais l’histoire n’est visiblement pas le fort de notre auteur. Car non, les méfaits du capitalisme n’expliquent pas de manière linéaire et téléologique la Première guerre mondiale, ni, quand bien même ils en seraient intégralement et uniquement le déclencheur, le fait que plusieurs millions de combattants sont restés dans les tranchés à se battre pendant quatre ans. Comment garder calme et sérénité lorsqu’on lit ce genre d’analyse d’une l’insondable profondeur :

Pourtant, un sujet d’oral d’HEC 2012 aurait dû les titiller : « Les rivalités économiques entre grands pays avant 1914 ». Trente ans de concurrence internationale sauvage avaient en effet conduit à l’exacerbation nationaliste puis à la Première Guerre mondiale. Neuf millions de morts.

Quelles orientations épistémologiques pour quelles écoles ?

En regardant quelles sont les orientations des thèses dirigées par les écoles doctorales des différentes écoles visées, en donnant la composition des membres du jury, les prises de positions visibles dans les publications des concepteurs des sujets, peut-être pourrait-on commencer à dégager des similitudes de pensée entre les différentes écoles citées, à condition de s’en tenir aux seules dispensant une formation économique puisque c’est visiblement d’économie dont B. Rothé veut le plus nous parler. Je ne suis franchement pas sûr que l’on puisse dégager une doxa particulière, prouvant comme le voudrait l’auteur l’omniprésence malsaine d’un libéralisme immoral, mais la méthode m’apparaît infiniment préférable à l’énumération creuse de sujets.

Pour ce qui est des recherches historiques, ceux qui s’y intéressent savent que les Écoles Normales Supérieures ont un peu plus de mal avec l’histoire politique (et ce n’est pas Jacques Julliard, éditorialiste de Marianne qui me contredira !) que Science Po’ ou Paris X par exemple qui se rangent plus volontiers (pour le dire de manière bien sûr schématique) sous la figure tutélaire de René Rémond. Relever les divergences au sein des écoles de commerce, et non pêle-mêle de toutes les grandes écoles françaises, serait sans nul doute intéressant. Mais ça laisse malheureusement moins de place à la vindicte.

Mais d’où tire-t-il ses infos?

Je serais extrêmement contrarié que mes copies de concours soient jetées en pâture au premier plumitif venu. Heureusement, et pour avoir relu avec attention les règlements des concours que j’ai présenté cette année, je sais que c’est impossible, ou alors que ça donne le droit à un recours en justice. Seuls les jurys ont accès aux copies. Alors comment diable Bertrand Rothé sait-il que :

- Si les candidats, qui rêvent tous de hautes fonctions dans les entreprises, ont défendu comme un seul homme les revenus des patrons «créateurs de richesse et d’emplois», certains des lauréats ont même pensé à remettre en cause le Smic […]
- En bons étudiants, leur chanson n’a qu’un couplet : les privatisations. […]
- S’il est sage, l’animal à concours énumère les « nécessaires réformes »: allongement des durées de cotisation, augmentation du ticket modérateur. […]
- […] L’étourdi qui a envisagé cette terrible vérité n’a eu que 2/20.

Siègerait-il à tous les jurys de ce qui sont autant de parangons de la Pensée Unique ? Ou aurait-il l’extrapolation facile ? Là, et jusqu’à preuve du contraire, je crie, au pire à l’affabulation et au mensonge caractérisés, au mieux au colportage de bruits de couloirs.

Des scientifiques très littéraires

Le nom de cet encart et son contenu concluent à merveille sur la méconnaissance absolue dont fait montre l’auteur sur le sujet qu’il prétend traiter. Sous prétexte que les étudiants de classe préparatoire scientifiques sont invités à l’onanisme intellectuel quatre heures durant sur une citation d’un type connu et anobli par la postérité on devrait, d’après l’auteur, s’extasier devant leurs extraordinaires capacités littéraires. Bien sûr cela se tient du moment que les classes de lettres supérieures et de première supérieure, prépas littéraires appelées plus couramment hypokhâgne et khâgne, n’existent pas.

Que l’on critique le côté superficiel d’une épreuve de “Culture Générale” et la préparation qui est dispensée aux élèves des prépas commerce, soit. Ce ne serait pas très difficile. Mais que l’on ne refrène pas son orgasme parce que l’on voit que les Raisins de la Colère de Steinbeck sont dans un corpus pour les scientifiques, c’est autre chose.

En effet les scientifiques ont un corpus de trois œuvres, qu’ils doivent citer, de manière exclusive, dans leurs dissertations. Et, outre le fait que quiconque connaît un tant soit peu la prépa scientifique, et ce n’est visiblement pas la mention jargonnante du “taupin” qui dissimulera la complète, ignorance de l’auteur en la matière,  que rares sont ceux qui les ont lu et que les deux heures hebdomadaires de “français” servent bien plus à faire les DM de maths qu’à s’intéresser aux descriptions de méchants tracteurs et au traitement littéraire des ravages de la crise économique de 1929, c’est la nature même de l’épreuve qui est contestable. Qu’un thème comme La parole, celui de cette année, ne soit abordé sur deux ans qu’avec Phèdre de Platon, les Fausses Confidences de Marivaux et Romances sans Parole relève du non-sens.

Ça tombe bien, Bertrand Rothé semble aimer à y nager.

 

Notes    (↵ returns to text)
  1. C’est moi qui souligne
  2. HEC, ESSEC, ESCP pour ne citer que les têtes de gondoles